vendredi 7 avril 2017

# Billet: Messieurs, continuez à désherber...


Suite au résultat de l'analyse sur l'échantillonnage d'urine de personnalités connues dont le résultat donne 100% de contamination au Glyphosate, c'est la goutte de désherbant de trop qui me fait réagir.

La précédente goutte remontant à la veille, dans une discussion avec un client à qui je disais que « non, je n'utiliserai pas de désherbant dans le jardin du Picamandil ». Surpris, il m'explique, bien informé par la littérature scientifique distillée dans les médias et commanditée ou subventionnée par les industriels concernés que ce n'est pas mon usage « domestique » qui met en cause l'équilibre de la nature, que je peux bien en mettre un peu, que c'est un détail par rapport à d'autres utilisations (entendez par le pudique « autre utilisation » l'agriculture qui nous entoure dont on ne sait plus trop si l'activité principale est la vigne, le blé ou peut-être plus simplement les primes qui servent à rembourser les investissements dont on pourrait discuter l'intérêt pour l'agriculteur, celui de la banque étant évident...)

Bref, las, je lui explique que mon jardin est composé d'une couche de terre riche en matières organiques que je tiens à préserver (mais là, il n'enregistre même pas car c'est quelque chose dont il n'a pas conscience, un peu comme si on lui parlait de nanotechnologie alors qu'il n'a qu'à prendre une pelle, creuser dans une terre vivante et une terre morte et comparer, la terre morte étant cependant beaucoup plus facile à trouver).
Ceci n'étant pas un argument audible, j'ajoute que dessous la terre, il y a de la roche de tuf que l'eau infiltre pour ruisseler dans mon puits en contre-bas. Etant parfaitement informé, mon interlocuteur toujours aussi surpris par autant d'extrémisme (« bon sens » en français moderne) m'explique que mon round-up, s'il était déversé « artisanalement » dans mon jardin, s'en irait peut-être dans le puits mais n'y resterait pas (m'enfin bien sûr... quel con je fais...c'est vrai ça...). J'avoue qu'à ce stade, je suis un peu déstabilisé...j'ai la vague impression de posséder le feu et d'arriver une torche à la main dans une tribu qui n'en connaîtrait pas l'existence... vais-je survivre, dois-je ajouter quelque chose ou bien finirais-je en offrande à son Dieu?

N'écoutant que mon courage, j'ose aborder le sujet de l'eau potable dans le village, histoire de lui faire comprendre que le désherbant, "qui ne restera pas dans mon puits" n'en disparaîtra pas par l'opération du Saint Esprit. [Et il va où le glygly...le glypho ? Il va dans ton...c...eau !] Précisant, preuve à l'appui que Puissalicon fait parti des tristes bourgades du coin à être classée « noire » sur la carte des analyses d'eau « potable » distribuée par le réseau.
A cela il trouvera la ressource de me répondre que ce n'est pas la même eau... imaginant [je suppose] que les forages d'eau potable se font exclusivement dans les nappes...polluées par l'immaculée pollution (pollution spontanée qui ne découlerait pas d'une mauvaise interprétation ou pratique agricole de l'Homme), réservant l'eau de source pure et limpide en glyphosate de passage à... mon puits.
Ce à quoi je n'ai rien répondu, consterné, pardon... impressionné par tant de convictions savamment pétries par l'information générale.
Alors quand je lis le lendemain cet article de la pétition Wemove (https://www.wemove.eu/sites/all/modules/civicrm/extern/url.php?u=31195&qid=32206460)
j'ai du mal à ne pas sortir de ma réserve.
Entendons-nous bien, je ne juge personne. Que ceux qui désherbent continuent à désherber, je ne suis pas de ceux qui souhaitent imposer quoi que ce soit. Après tout, nous vivons tous sur la même planète, et à priori, à part se taper sur la gueule entre nous, on n'a pas d'autre choix que d'accepter nos différences. Mais c'est sur le fait que nous vivons tous sur la même planète que j'aimerai revenir pour conclure. Si on nous explique tous les jours qu'on est en train de la faire exploser avec toutes nos conneries, il faudrait peut-être par amour pour nos enfants ou par respect pour nos anciens, ne serait-ce que commencer à réfléchir à trouver des solutions plutôt que de crier à l'injustice, à l'extrémisme des « bios », ou à je ne sais quoi. Ne subsisterait-il pas un semblant d'instinct de survie chez celui qui désherbe ? Et dans son syndicat, n'y aurait-il pas quelqu'un qui pourrait plancher sur des protocoles de sortie de désherbant, avec les aides qu'il faut et qu'ils savent si bien obtenir pour des investissements beaucoup moins importants que ceux qui concernent l'avenir de notre humanité ? La non mobilisation des organismes agricoles directement concernés par la désorientation et la déprime de nos agriculteurs me laisse peut-être beaucoup plus désarmé que la conner...pardon la conviction de ceux qui m'expliquent que détruire un sol n'a pas d'importance sous prétexte qu'ils n'ont même pas conscience de ce que ça veut dire.

Sans parler bien sûr des politiques (leur implication dans le long terme et leur vision de notre avenir pouvant faire l'objet d'un sujet d'école primaire tellement il est vide) et qui ont tout de même voté cette fameuse loi qui demande aux viticulteurs de traiter la nuit sous prétexte qu'il y a moins de monde dans les rues et moins d'enfants dans les cours d'école. Ils ont oublié de coupler cette loi avec une subvention pour l'achat d'une climatisation ce qui condamne ceux qui auraient l'idée saugrenue de dormir la fenêtre ouverte l'été de dormir en apnée, ceux qui s'étirent sur la terrasse le matin en respirant bien fort, de le faire avec un filtre à particules dans la bouche, ou aux sportifs matinaux d'investir dans l' « appli » indiquant les vignes qui ont été traitées la veille, histoire de ne pas vomir sur le trajet ou de finir comme papi en maison de retraite à 40 ans avec un Allemand dans la tête, aussi appelée Ailzheimer... On ne parlera pas ici de la raison principale, qui est la vie dans le sol, l'équilibre de l'écosystème et autres bêtises écolos puisque tout le monde le sait, ce qui est important, c'est de dépenser ses sous à l'achat de matériel et de produits car, c'est ça qui fait nos emplois et au diable les anciens qui comme Coutelou, vigneron à Puimisson, le souligne dans son ode à la biodiverité (https://www.facebook.com/notes/jeff-coutelou/ode-a-la-biodiversit%C3%A9/10154359781588194) traitaient deux fois dans l'année (cf les manuels d'agronomie de l'époque) quand certains aujourd'hui passent 15 fois le pulvérisateur... Sont cons ces vieux ! Et en plus ils faisaient « cracher » la vigne sans dépenser un rond si ce n'est de l'huile de coude et un peu de jugeote, mais heureusement, depuis, il y a eu le progrès et la chimie dans le pré. 

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